Traitement Neuro-dynamique
Vous ressentez des fourmillements, brûlures, engourdissements ou douleurs irradiantes ? Certains symptômes peuvent être liés à une irritation ou une sensibilité accrue d’un nerf. La neurodynamique est une approche utilisée en thérapie manuelle pour évaluer la mobilité et la sensibilité du système nerveux et adapter la prise en charge.
Qu’est-ce que la thérapie neuro-dynamique ?
La neurodynamique marque une évolution majeure dans l’approche thérapeutique des troubles musculosquelettiques. Cette discipline s’intéresse à la dimension mécanique du système nerveux : comment il bouge, réagit et interagit avec les structures qu’il innerve (muscles, fascias, peau…).
La base de ce concept découle du fait que nos nerfs peuvent devenir « prisonniers » de notre corps, ou avoir des espaces de passage réduits.
Le nerf, un organe dynamique et sensible
Contrairement à l’idée d’un simple « fil électrique », le système nerveux périphérique est un tissu vivant, élastique, vascularisé et richement innervé. Il réagit à la compression, à la mise en tension, à la friction, voire à la vibration, générant une réponse nociceptive.
Lors d’un mouvement, comme une flexion du coude ou une élévation de jambe tendue, ou se pencher en avant, les nerfs se déplacent, s’étirent, réduisent leur diamètre et subissent des variations de pression internes. Ces changements affectent leur vascularisation et leur conduction. Une altération de ces mécanismes peut générer douleurs, paresthésies et dysfonction motrice sans atteinte structurale visible.

Illustrations de Jan De Laere – Véronique De Laere-Debelle
Quels sont les symptômes ?
Un nerf peut être impliqué dans une douleur sans qu’un déficit neurologique classique ne soit détecté. Cependant les douleurs de type neurogène sont des douleurs plutôt filaires, brûlure, picotement, paresthésie / hyperesthésie, ou sensation dans le territoire sensitif du nerf en souffrance.

Illustrations de Jan De Laere – Véronique De Laere-Debelle
Causes des dysfonctionnements d’un nerf
• Compression mécanique : hernie discale, contracture musculaire, conflit foraminal,…
La douleur provoque une contraction réflexe des muscles. Cette hypertonie limite le mouvement pour protéger la structure irritée. La présence de point trigger dans un muscle augment le volume de celui-ci réduisant ainsi l’espace pour le nerf. (photo nerf ischiatique et syndrome muscle pirriforme (photo)
• Adhérence ou fibrose du tissu conjonctif : le nerf perd sa capacité à glisser par rapport aux structures environnantes. (cicatrices post-opératoires)
• Œdème, hématome, congestion ou inflammation autour du nerf : Augmentation de pression dans un espace anatomique peu extensible réduisant la vascularisation et l’apport d’oxygène au nerf
• Traumatisme aigu, postural ou répétitif: Entorse, fracture, contusion, traction excessive ou microtraumatismes répétés,…
• Dysfonction articulaire : Une articulation voisine hypo ou hyper mobile peut modifier l’espace disponible ou les contraintes exercées sur le nerf le rendant mécano-sensible
• Masse ou anomalie anatomique : kyste, tumeur, ganglio, hypertrophie tissulaire
• Trouble métabolique ou systémique : diabète, carence vitaminique, neuropathies inflammatoires ou toxiques,…

Illustrations de Jan De Laere – Véronique De Laere-Debelle
Examen neurodynamique : un outil de diagnostic fonctionnel
L’objectif de l’évaluation neurodynamique est d’identifier si les nerfs sont impliqués dans une douleur d’apparence musculosquelettique. Les séquences neurodynamiques sont des mises en tension progressives, multi-articulaires, qui cherchent à reproduire les symptômes du patient. Associés à des manœuvres de sensibilisation (compression, mise en charge, percussion), ils aident à différencier une douleur d’origine nerveuse d’une douleur tissulaire ou articulaire classique.
Le praticien doit également évaluer :
• l’irritabilité des tissus nerveux (niveau de stimulation nécessaire à la douleur),
• l’état de la vascularisation,
• la capacité de glissement du nerf dans son interface (canaux, fascias, muscles),
• les facteurs contribuant : posture, stress, antécédents traumatiques…
Illustrations de Jan De Laere – Véronique De Laere-Debelle
Ce traitement consiste à faciliter la mobilisation des nerfs par des techniques de tension et/ou d’antitension du SN, d’ouvertire et ou de fermeture de l’interface mécanique, de neuro-glissement rythmés du nerf et d’auto-gymnastique.

Illustrations de Jan De Laere – Véronique De Laere-Debelle
